Deux expositions sublimes à la maison européenne de la photographie. 
Rendez-vous à la Maison Européenne de la Photographie (métro Saint Paul) où l'on peut se délecter de deux sublimes et féminines expositions. Les photographies de Alice Springs ainsi que celles choisies par Charlotte Rampling raviront les yeux avides de grâce et de sensualité mi-féline, mi-androgyne…

Au premier étage de l'hôtel particulier qui abrite la MEP, on découvre une série de photos choisies par Charlotte Rampling de sa propre collection ainsi qu'une série dans laquelle c'est elle même qui a inspiré les photographes tels que Cecil Beaton, Jeanloup Sieff,Bettina Rheims, Helmut Newton, Alice Springs, Paolo Roversi, Peter Lindbergh.

Fantasme féminin absolu, elle obsède les objectifs des plus grands qui parviennent à montrer le côté félin et sensuelle de l'actrice. Un regard troublant, perçant et mélancolique à la fois, donne aux photographies une atmosphère mystérieuse.

C'est Jacques Henri Lartigue qui convertit Charlotte Rampling à passer derrière l'appareil photo. Elle saura y montrer l'enfance, la vie, la mort, l'intemporalité dans le souvenir. Le mystère singulier de cette grande actrice nous accompagne durant l'exposition grâce à une bande-son de Jean-Michel Jarre crée pour l'occasion dans laquelle sont regroupés les paroles et les rires de Charlotte Rampling…Ambiance sensuelle.

Montez un étage supplémentaire et visitez les salles consacrées aux photographies d'Alice Springs.

Femme du célèbre photographe Helmut Newton, elle débute sa carrière photographique grâce à une grippe contractée par son mari. Elle sera alors remarquer grâce à un portrait réalisé pour une publicité de cigarettes Gitanes que Helmut Newton lui avait confié.

Au milieu des années 70, elle reçoit de nombreuses commandes de portraits dont certains deviennent légendaires. On peut admirer ceux de Robert Mapplethorpe où émane mystère et fragilité; de Graham Green où le jeu de texture entre la peau usée par le temps qui passe et le regard limpide du sujet est captivant; de Anouk Aimée au regard lointain et évaporé ou encore de Grace Jones à l'allure sculpturale.

Alice Springs, grâce à son approche intime et spontanée, parvient à traduire la personnalité d'artistes. C'est le cas dans ses doubles portraits qui reflètent la complicité et l'interaction entre les deux protagonistes (Yves Saint Laurent et Pierre Bergé,Wim Wenders et Yohji Yamamoto etc.). Les poses sont simples, les portraits se font, la plupart du temps, dans des lieux publics ou dans la maison des modèles. On peut observer une série de photographies d'artistes à leurs œuvres où l'on s'attarde devant Gerard Garouste au regard fragile, Don Bachardy fondu avec son oeuvre, Roy Lichtenstein à l'expression candide ou encore Nicky de St Phalle, belle de gravité.

Alice Springs photographie également des femmes célèbres avec leur jeunes enfants. Des femmes fortes, à l'allure noble, maîtresses de leur vie, accompagnées par la délicatesse, la douceur et l'innocence d'un bébé. Le portrait de Loulou de la Falaise avec sa petite fille qui la regarde, intriguée et rieuse, est un exemple de portrait ou douceur maternelle et puissance féminine s'accorde parfaitement.

Deux expositions ou la grâce règne. À ne pas manquer!

Léa Philippe

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