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Jules Hardouin-Mansart - BATIR POUR LE ROI au Musée Carnavalet 

L’exposition du musée Carnavalet, la première consacrée à Mansart depuis 1946, explore la carrière fulgurante et les principales créations d’un architecte dont le nom reste attaché aux fastes du règne de Louis XIV. Ses réalisations, tels le dôme des Invalides, la place des Victoires ou la place Vendôme sont parmi les plus beaux joyaux du paysage parisien.
Elle permet aussi de redécouvrir son œuvre en Île-de-France : Versailles, où il métamorphosa le château, ainsi que des bâtiments disparus comme le château de Clagny, construit pour Madame de Montespan, le château neuf de Meudon, réalisé pour le Grand Dauphin ou le château de Marly, séjour des délices du Roi.
La scénographie adopte une écriture architecturale inspirée du Grand Siècle pour présenter environ 150 œuvres : une quinzaine de peintures (comme le magnifique portrait de Jules Hardouin-Mansart par Hyacinthe Rigaud ou des vues de monuments par Etienne Allegrain, Pierre-Denis Martin…), de nombreux dessins et estampes (dessins d’architecture et vues urbaines), des sculptures (bustes), ainsi que des maquettes (voûte de l’hôtel de ville d’Arles, dôme des Invalides, place des Victoires).
Le parcours du visiteur s’articule en 7 parties qui restituent toutes les facettes du grand architecte : la carrière de Mansart, l’architecture religieuse (Invalides, interventions à Notre-Dame et Saint-Roch), les constructions royales (châteaux de Clagny et de Marly), Versailles (travaux et agrandissements du château), les constructions pour les Grands du royaume, les aspects techniques (« la fabrique de l’architecture »), et enfin les places royales (place Vendôme, place des Victoires, Dijon).
Les importants prêts consentis par le musée du Louvre, la Bibliothèque nationale de France, les Archives nationales, le château de Versailles ou encore le Nationalmuseum de Stockholm, viennent compléter les œuvres issues des collections du musée Carnavalet pour restituer le panorama des réalisations de l’un des plus célèbres architectes du Grand Siècle.

Intention de l’exposition


La place Vendôme, le dôme des Invalides, la Galerie des Glaces et la chapelle de Versailles… Qui ne connaît ces chefs-d’œuvre du patrimoine architectural français ? Célèbres dans le monde entier, ces édifices qui chantent la gloire de Louis XIV ont un auteur commun : Jules Hardouin-Mansart (1646-1708). Si son nom a survécu dans la mémoire collective, aux côtés de ceux de Le Brun, Molière, Lulli, Racine ou Bossuet, c’est parce qu’il symbolise avec eux le « Grand Siècle », un moment de l’histoire nationale où la politique du Roi-Soleil a fait des arts, et surtout de l’architecture, un instrument de prestige et de rayonnement de la France. Mais Hardouin-Mansart est-il pour autant devenu autre chose qu’un « illustre inconnu » ? Un trop long silence a recouvert cette personnalité fascinante. Le tricentenaire de sa mort, en 2008, est donc l’occasion de revenir sur cette figure majeure.

En effet, l’œuvre immense de cet architecte, sa renommée comme sa réussite sociale exceptionnelle pour son temps, ont fini par jouer en sa défaveur : n’a-t-il pas trop bâti pour être honnête ? Autrement dit, a-t-il été un génie ou plutôt un courtisan habile, exploitant les talents de ceux qui l’entouraient ? La question fut posée de son vivant. Pire : sa prolixité et son influence sur ses contemporains et sur l’art d’une partie du XVIIIe siècle devaient brouiller la lecture de son œuvre et de son style, confondu avec toute une époque, baptisée classique par une commodité trompeuse.

De telles questions interdisaient de proposer une exposition monographique, au sens classique du terme : au vu du long catalogue des œuvres réalisées à Paris et dans toute la France, et de l’étroite imbrication entre architecte et politique, cela aurait été une gageure. Tout en donnant les éléments permettant de comprendre l’art de Mansart, c’est surtout le système de l’architecture qui est ici montré : les enjeux, méthodes et moyens mis en œuvre pour fabriquer le cadre de la France du Roi-Soleil. « Bâtir pour le Roi » propose donc la relecture d’un acte essentiellement politique, pour donner à voir la puissance créatrice d’un grand artiste au service d’un grand prince.

L’exposition offre un large panorama de l’œuvre de Jules Hardouin-Mansart, en utilisant à la fois pièces originales et modernes : tableaux et dessins, gravures et sculptures, maquettes et photographies modernes… Le croisement de ces différents medias (près de 150 pièces) permet d’offrir au public une lecture en trois dimensions de l’architecture du Grand Siècle et de montrer la richesse d’une œuvre qui possède encore de nombreuses résonances avec les problématiques contemporaines de l’acte de bâtir.

ALEXANDRE GADY, commissaire invité de l’exposition

Parcours de l’exposition

L’exposition s’organise autour de grands thèmes, afin de mettre en valeur la cohérence de l’œuvre de Jules Hardouin-Mansart, tout en la replaçant dans les grands enjeux de son époque.


« Monsieur Mansart »

La première salle est ainsi consacrée à la figure de l’architecte et permet, tout en donnant les principaux éléments biographiques sur l’homme, de comprendre pourquoi la carrière de Jules Hardouin-Mansart est si remarquable.

Mansart est d’abord un nom habilement repris de son grand-oncle François, si fameux alors, et accolé au sien : géniale astuce de communication, en somme. Un nom, également, qui est devenu commun (la « mansarde », le comble « à la Mansart »). Hardouin-Mansart est de ce point de vue presque une « marque », le produit d’une famille qu’il va hisser au sommet de l’architecture française sous Louis XIV et à laquelle il assurera, pour plusieurs décennies, une position dominante, voire « clanique » : on trouve des Mansart architectes jusque sous Louis XVI et le titre de Premier architecte du Roi, reçu de Louis XIV en 1681, sera porté par des parents jusqu’en 1774.

C’est ensuite un visage. Aucun architecte n’a été autant portraituré de son vivant (peinture, sculpture, gravure et médaille) et les nombreux portraits exposés illustrent son ascension sociale. Après des siècles d’anonymat, l’architecture française a un visage, celui de l’architecte qui pose devant les Invalides, son chef-d’œuvre, porte la perruque et une décoration sur la poitrine. Qu’il s’agisse de commandes privées (Rigaud, Coysevox) ou officielles (De Troy, Lemoyne), ces portraits de très belle qualité témoignent d’une réussite sociale exceptionnelle. Cet habile architecte, anobli dès 1682, devient surintendant des Bâtiments du Roi en 1699. Il n’aurait pu atteindre de tels sommets sans la faveur continue de Louis XIV, qui l’a protégé de 1673 jusqu’à sa mort en 1708.

Ad majorem Dei gloriam

La deuxième salle aborde la question de l’architecture religieuse, intimement liée à la Couronne dans l’ancien système politique français. Cette section s’organise autour d’un monument majeur, conçu au début de la carrière d’Hardouin-Mansart et qui l’occupera quasiment toute sa vie : l’église royale des Invalides, son chef-d’œuvre.

Étrangère au premier projet de l’hôtel royal des Invalides de Libéral Bruand voulu en 1671 par Louis XIV, cette église est extraordinaire par son échelle et son fastueux décor. Rapidement mis au point en 1676, le projet complexe permet à Mansart d’obtenir la confiance de Louvois, et dès lors il supplante Bruand. Il mènera à bien le chantier, très long, malgré de nombreuses difficultés, jusqu’à l’inauguration en 1706 par le Roi.
Pour concevoir un édifice aussi complexe et ambitieux, fruit de toute la tradition architecturale mise en place à la Renaissance en Italie (plan centré, dôme sur tambour, jeux des ordres), Hardouin-Mansart s’est inspiré des dessins de son grand-oncle pour un projet inabouti de chapelle royale à Saint-Denis (vers 1665).

Premier d’une série d’édifices qui comprend Sainte-Geneviève (Panthéon) au XVIIIe siècle et le Sacré-Cœur au XIXe, les Invalides dotent Paris d’une grande église à dôme qui marque le paysage monumental et symbolique de la capitale. Son ampleur inédite doit être replacée dans un contexte de compétition européenne (Saint-Paul à Londres, par Christopher Wren) ; les références à Rome ne sont pas moindres, si l’on songe à la place prévue par Mansart au-devant de l’édifice côté plaine de Grenelle (non réalisée), qui aurait évoqué la place Saint-Pierre avec ses deux bras ouverts.

La question de l’usage de cette église reste débattue par les historiens. Dès l’origine, en effet, on n’utilisa qu’une partie de l’édifice appelée « chœur des soldats », et qui est aujourd’hui la cathédrale Saint-Louis aux Armées. Quant au dôme, avant que le tombeau de Napoléon n’y prît la place spirituelle de Louis XIV, n’avait-on pas prévu d’en faire une nouvelle nécropole royale ? La question demeure ouverte.

L’exposition évoque aussi les interventions de l’architecte dans des édifices existants
(Saint-Paul, sa paroisse au Marais, ou la cathédrale Notre-Dame) ainsi que des projets pour l’église Saint-Roch (chapelle de la Vierge, 1706).

Châteaux et caprices

La troisième partie de l’exposition est consacrée aux châteaux royaux réalisés par Mansart. Le château est le lieu où l’architecte-courtisan doit saisir au plus près les désirs du prince : entre faste et caprice, Jules Hardouin-Mansart a su passer du registre de la grande demeure royale, lieu symbolique et démonstratif, au registre du château de plaisir.
L’architecte semble commencer sa carrière au service du Roi en 1675 sur deux chantiers concomitants : d’une part, un pavillon, proche de Saint-Germain-en-Laye, et destiné aux retours de chasse et aux soupers (Le Val) ; d’autre part, un château de favorite, offert par Louis XIV à sa maîtresse, Madame de Montespan (Clagny, près de Versailles). Le Val, de plan rectangulaire, homogène et ramassé, est un édifice doté d’une distribution aussi habile qu’efficace : construit à simple rez-de-chaussée, il offre déjà l’un des traits majeurs de l’art de l’architecte, le goût pour les grandes horizontales.
À Clagny, en revanche, d’un petit édifice commencé par l’architecte Antoine Le Pautre en 1674, Mansart va faire un grand château articulé avec des ailes, plus traditionnel dans son plan, doté d’un dôme carré central qui marque la composition de la cour, et d’une grande galerie située dans l’aile gauche, propice aux déploiements de faste de la royale maîtresse. Cet édifice majeur de son art, détruit au XVIIIe siècle, est largement évoqué par de beaux dessins exposés pour la première fois.
Cette capacité d’adaptation lui a valu, en 1679, de concevoir, avec André Le Nôtre, le château le plus atypique, le plus original et le plus étrange du règne : Marly (1679-1699), gigantesque caprice du Roi, sans modèle et sans postérité dans l’architecture française. La maquette prêtée par le musée-promenade de Marly-le-Roi est le point spectaculaire de cette troisième partie. Le pavillon royal, de plan centré (un carré parfait, avec un cercle en son centre abritant un salon) est accompagné de douze petits pavillons détachés qui s’alignent autour d’une gigantesque pièce d’eau, un miroir qui met le ciel dans le jardin.
Le goût de Louis XIV pour les fleurs et les jardins a opéré ici un extraordinaire renversement hiérarchique, qu’on retrouvera au Grand Trianon (1687-1688), autre lieu où le souverain peut quitter le monde pesant de la cour : le jardin est plus important que la demeure, celle-ci se calque sur ses effets et ses vues, pour apparaître comme une sorte de « fabrique ». Une architecture qui pousse l’originalité jusqu’à oser la couleur, qui tend alors à devenir rare dans la pratique du Grand Siècle : façades peintes à fresque à Marly, pilastres de marbre du Languedoc à Trianon qui font écho à une flore particulièrement chatoyante.

Versailles, le grand chantier

Le nom d’Hardouin-Mansart est indissolublement lié à Versailles. Pourtant, la mue d’un château de taille moyenne, construit sous Louis XIII pour la chasse, en symbole de la France ne date pas de son intervention. Les travaux de « l’Enveloppe » dus à Louis Le Vau, et achevés par François d’Orbay y ont contribué de manière certaine et vont servir de base à ses travaux. Car, sitôt achevés, ces remaniements ne suffisent déjà plus : si la volonté du Roi de s’établir définitivement à Versailles date de mai 1682, tout était décidé dès 1678. Jules Hardouin-Mansart va être l’architecte de ce gigantesque chantier, que l’on a pu comparer, par son ampleur, son coût et son organisation, aux grands travaux de notre époque. À la mort de l’architecte, trente ans plus tard, le château n’était pourtant pas achevé !

Les premiers travaux d’Hardouin-Mansart sont modestes (deux pavillons pour le jardin en 1677), avant de prendre une ampleur inédite avec la commande de la célèbre Galerie des Glaces (1678), qui bouleverse les appartements royaux. Remplaçant une ancienne terrasse, cet immense espace de représentation royale a été conçu avec Charles Le Brun, le Premier peintre du Roi. Mansart l’a magnifiquement habillé de panneaux de glace et de pilastres de marbre, dont les chapiteaux chantent la France royale.
Côté jardins, l’architecte dessine l’aile du Midi, puis l’aile du Nord dominée par son ultime chef-d’œuvre, la chapelle royale. Côté cour, il ajoute des logis (ailes des ministres) et remodèle les entrées pour mieux mettre en scène la majesté royale (grille royale et nouvelle façade de la Cour de marbre).
Petit à petit, il intervient également dans les jardins, au fur et à mesure du retrait d’André Le Nôtre comme en témoigne le bosquet de la Colonnade (1684), étonnant morceau d’architecture qui associe légèreté structurelle et faste du marbre.
Enfin, l’architecte va aussi façonner la ville neuve de Versailles, née du château, notamment avec les annexes nécessaires au fonctionnement de la grande machine royale : on lui doit les Grande et Petite Écuries, dont le plan en fer à cheval épouse admirablement la patte d’oie, et le Grand commun, austère palais-bloc abritant les services nécessaires à la vie de la cour.
Évoqué dans l’exposition par de grands tableaux contemporains des travaux et de beaux dessins de l’agence de l’architecte, le chantier de Versailles est également illustré par une série de photographies de Georges Fessy, qui montrent les espaces royaux créés par Mansart : l’escalier de la Reine, la Galerie des Glaces, la chambre du Roi de 1701, enfin la chapelle royale, achevée par Robert de Cotte et consacrée en 1710.



Bâtir pour les Grands

À côté du service du Roi, et parce qu’il était son architecte, dans une société de cour où la fidélité au souverain passe par l’emploi des mêmes artistes que les siens, Hardouin-Mansart a été appelé à travailler pour tous les illustres personnages du royaume, depuis la famille royale jusqu’aux grands seigneurs, ducs, ministres ou maréchaux.
Sollicité de toutes parts, l’architecte et habile courtisan a bâti ou remodelé pour la famille Royale (Saint-Cyr pour Madame de Maintenon, le Palais-Royal pour Monsieur, frère du Roi, Meudon pour le Grand Dauphin), pour des maréchaux (hôtel de Lorge à Paris, château de Boufflers en Picardie) ou pour le prince de Condé (Chantilly), ainsi que pour des ministres (Sceaux, chez les Colbert). Ces différents chantiers comme ces divers programmes montrent sa formidable capacité d’adaptation et la noblesse des partis adoptés.

L’art de la stéréotomie

Art français par excellence, la stéréotomie, mot grec qui désigne l’art de couper les pierres pour les agencer entre elles, ne relève plus au XVIIe siècle d’un savoir maintenu par la tradition orale sur les chantiers des compagnons, mais d’une science mise en livre et en théorie depuis les écrits de Girard Desargues, Blaise Pascal et Abraham Bosse.
L’œuvre de Mansart est traversée de grands vaisseaux de pierre, depuis la stupéfiante audace de la voûte du vestibule de l’hôtel de Ville d’Arles, conçue en 1673, jusqu’aux puissants effets de l’orangerie de Versailles ou du pont de Moulins (une salle est consacrée à ces réalisations, autour de la maquette en pierre de la voûte d’Arles, un chef-d’œuvre de compagnon dû à Luc Tamborero). Une série de photographies de Georges Fessy vient illustrer les accords de pierres blondes qui ponctuent l’architecture de Mansart.

L’agence

Accablé de commandes et de chantiers, obligé de lire et de viser de nombreux rapports administratifs, outre ses fréquentes entrevues avec le souverain, Mansart n’a pu répondre et surmonter la charge de son travail que grâce à une remarquable organisation. Ce point est abordé dans une salle qui met en lumière la figure de Robert de Cotte, de dix ans son cadet, et qui s’attacha à lui très jeune. Entrepreneur, architecte, ingénieur, il deviendra son beau-frère en 1682 avant de lui succéder à sa mort comme Premier architecte du Roi. Présentés dans les vitrines, des documents d’archives publiques et privées évoquent également le travail administratif de la Surintendance.



Les places royales, un espace politique

Cette dernière section est consacrée aux places royales, qui se trouvent au croisement de la volonté de mettre en scène la figure du prince dans l’espace public, héritée de la Renaissance (la politique de gloire de Louis XIV) et de la centralisation monarchique alors à l’œuvre en France. Commande prestigieuse, pour le sculpteur de l’effigie royale comme pour l’architecte chargé de sa mise en valeur, la place royale est le véritable théâtre de la propagande monarchique du Grand Siècle.
Si des statues royales avaient déjà été installées dans l’espace public parisien au XVIIe siècle, (Henri IV sur le Pont-Neuf et Louis XIII au centre de la place Royale), le règne de Louis XIV voit se multiplier ces effigies.
Jules Hardouin-Mansart a été associé, à plusieurs reprises, à de tels projets tant à Paris (places des Victoires et Vendôme) qu’en province (à Dijon : actuelle place de la Libération ; projets pour Lyon et pour Nantes). Il y déploie son talent pour les grandes compositions, les jeux de symétrie et la cadence des façades uniformes, et veille au respect des proportions entre l’architecture et la sculpture.

La scénographie de cette salle de l’exposition évoque les places royales parisiennes. La place des Victoires, située au centre de Paris, réalisée dans un tissu urbain existant qu’il a fallu dégager, est de forme quasi-circulaire. Elle mettait en scène une statue pédestre du Roi, œuvre de Martin Desjardins, commandée par le maréchal de La Feuillade.

Plus à l’ouest, la place Vendôme est conçue en même temps, mais sur une forme carrée avec un arc de triomphe : elle met en valeur cette fois une statue équestre de Louis XIV, chef-d’œuvre de François Girardon, sur le modèle du Marc-Aurèle antique. L’échec financier retentissant de cette première place amènera son sacrifice en cours de chantier, et un second projet, moins fastueux, qui aboutit à l’actuelle place octogonale (1699).

Repères historiques

Chronologie abrégée de la vie de
Jules Hardouin-Mansart


1638 : naissance de Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye 1646, 16 avril : naissance à Paris de Jules Hardouin. Son père, Raphaël, est peintre, sa mère, Marie Gaultier, nièce du grand architecte François Mansart, auprès duquel Jules va se former. Il travaille ainsi à Maisons-Laffitte, aux Minimes de la place Royale et au château de Pomponne.
1648-1652 : la Fronde. Le Roi et la cour reviennent à Paris fin 1652.
1660 : mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse. 1660, 5 novembre : mort de Raphaël Hardouin.
1661 : mort de Mazarin et chute de Fouquet. Le Roi gouverne seul.
1662-1665 : premiers travaux au château de Versailles, par Le Vau et Le Nôtre.
1664 : Colbert est surintendant des Bâtiments du Roi. Travaux aux Tuileries (palais et jardin), conduits par Le Vau et Le Nôtre.
1665 : séjour du Bernin en France. Il est chargé, sans succès, d’achever le Louvre (façade orientale).
1666, 23 septembre : mort de François Mansart. 1666, 23 septembre : mort de François Mansart. Le jeune Hardouin accole désormais son patronyme au sien.
1667 : travaux de la Colonnade ; inachèvement du Louvre. Le Roi s’installe aux Tuileries. 1667 : mort de Marie Gaultier. Jules et son frère Michel se lancent dans la spéculation et font bâtir leur première maison, rue des Tournelles.
1668 : paix d’Aix-la-Chapelle, concluant la guerre de Dévolution.
1668, 7 février : mariage avec Anne Bodin, fille d’un notaire.
1669-1674 : grands travaux de l’Enveloppe au château de Versailles, par Le Vau et d’Orbay.
1670 : mort de Louis Le Vau, premier architecte du Roi. 1670 : construction du petit hôtel de Guénégaud, impasse Conti, pour un ancien client de son grand-oncle, Henri Duplessis-Guénégaud.
1671 : fondation de l’Académie royale d’Architecture. Le Roi quitte Paris et réside désormais à Saint-Germain-en-Laye.
1672 : guerre de Hollande. 1673 : Hardouin-Mansart entre au service du Roi. À la demande de Colbert, voyage dans le sud-ouest avec son frère Michel. Il donne les dessins de l’hôtel de Ville d’Arles et son extraordinaire vestibule voûté.
1678 : paix de Nimègue mettant fin à la Guerre de Hollande. 1675 : il entre sur les chantiers royaux (pavillon du Val à Saint-Germain en Laye, château de Clagny).
22 novembre : brevet royal le nommant membre de l’Académie royale d’architecture, fondée en 1671 et qui comprend l’élite des architectes français.
1676, avril : à la demande de Louvois, Hardouin-Mansart supplante Libéral Bruand sur le chantier de l’église des Invalides. Son frère Michel l’y assiste, comme à Clagny.
1677 : Hardouin-Mansart apparaît sur le chantier versaillais (Bosquet des Dômes).
1681, octobre : Louis XIV en fait son « Premier architecte du Roi », titre qui n’avait pas été porté depuis la mort de Louis Le Vau en 1670.
1682, mai : installation officielle de la cour à Versailles. 1682, 7 février : l’architecte est reçu dans l’ordre de Saint-Lazare et du Montcarmel.
Août : Robert de Cotte, son plus proche collaborateur, épouse la belle-sœur de Mansart, Catherine Bodin.
1683 : mort de Colbert. Louvois surintendant des Bâtiments.
1688-1697 : guerre de la Ligue d’Augsbourg.
1691 : mort de Louvois. Colbert de Villacerf surintendant des Bâtiments du Roi. 1691 : le Roi nomme Hardouin-Mansart inspecteur général des Bâtiments.
1694, 20 janvier : Hardouin-Mansart est reçu dans l’ordre de Saint-Michel.
1699, janvier : succédant à Colbert de Villacerf, il est nommé par le Roi surintendant des Bâtiments du Roi.
1700-1713 : guerre de succession d’Espagne, conclue par le traité d’Utrecht.
1701, 19 mai : visite du Roi aux Invalides.
1706, 28 août : le Roi, venant de Meudon, va inaugurer l’église royale des Invalides où Hardouin-Mansart lui remet les clefs.
1708, 11 mai : mort de Jules Hardouin-Mansart à Marly. Il est enterré à l’église Saint-Paul, sa paroisse.
Son inventaire après décès laisse apparaître une fortune colossale, unique pour un architecte de cette époque.
Son beau-frère Robert de Cotte lui succède comme Premier architecte du Roi ; il parachève la chapelle de Versailles.
1715, septembre : mort de Louis XIV.

Liste des principales œuvres de Jules Hardouin-Mansart

Les œuvres disparues sont mentionnées par un *

ARLES
Hôtel de Ville (1673-1676)

CHANTILLY
Orangerie du château* (1683)
Travaux au petit château (1684)
Église Notre-Dame (1687-1688)

DAMPIERRE
Château (1682-1686)

DIJON
Salle des États (1685-1686)
Place Royale (1686)

LYON
Restauration de l’hôtel de Ville (1700)

MARLY
Château* (1679-1699)
Église Saint-Vigor (1688)

MEUDON
Château Neuf* (1706-1708)

MOULINS
Pont* (1704-1705)

PARIS
Petit hôtel de Guénégaud, impasse Conti (1669-1671)
Chapelle de la Communion à Saint-Séverin (1673)
Église royale des Invalides (1676-1706)
Aile sur cour de l’hôtel de Chaules, place des Vosges (1677)
Hôtel de Fieubet, quai des Célestins (1678)
Hôtel de Sagonne, rue des Tournelles (1667 et 1685-1690)
Place des Victoires (1685-1694)
Pont-Royal (1685-1690)
Première place Vendôme* et couvent des Capucines* (1685-1688)
Hôtel de Lorge* (1697-1698)
Galerie du Palais-Royal* (v. 1699-1700)
Seconde place Vendôme (1699-1702)
Hôtel de Montargis* (1703)
Chapelle de la Vierge et achèvement du chœur
de Saint-Roch (1708-1710) SAINT-CLOUD
Transformation de l’aile sud du château et réalisation du grand escalier* (1686-1687)
Modification de la Grande cascade du parc (1699)

SAINT-CYR
Maison d’éducation des demoiselles (1686)

SAINT-GERMAIN-EN-LAYE
Château du Val (1675-1676)
Hôtel de Noailles (1679)
Travaux au château Vieux* (1681)

SCEAUX
Orangerie du château (1686)

THOUARS
Orangerie du château (1692)

VANVES
Château (1699-1700)

VERSAILLES
Hôtels place d’armes* (1670-1672)
Château de Clagny (1675-1678)*
Bosquets des dômes* (1677)
Galerie des Glaces et salons de la Guerre et de la Paix (1678-1684)
Ailes des ministres (1679)
Grande et Petite Écuries (1679-1683)
Aile du Midi (1679-1681)
Grand Commun (1682-1684)
Orangerie (1683-1684)
Aile du Nord (1684-1685)
Bosquet de la Colonnade (1684)
Notre-Dame de Versailles (1684-1686)
Église* et couvent des Récollets (1684)
Grand Trianon (1687-1688)
Chapelle royale (1689-1710)
Pavillons de la Ménagerie (1702)


Informations pratiques

EXPOSITION PRESENTEE DU
3 AVRIL AU 28 JUIN 2009

MUSÉE CARNAVALET – HISTOIRE DE PARIS
Directeur : Jean–Marc Léri

Adresse
23, rue de Sévigné
75003 Paris
Tél. : 01 44 59 58 58 ; fax : 01 44 59 58 11

Site Internet
www.carnavalet.paris.fr

Le musée Carnavalet, musée de l’histoire de Paris, conserve des collections qui illustrent l’évolution de la ville, de la Préhistoire à nos jours. Installé dans deux hôtels particuliers au cœur du Marais, il présente, au milieu de décors historiques, un vaste choix d’œuvres d’art et de souvenirs évoquant la vie quotidienne et intellectuelle de la capitale.

Musée ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h
Fermé le lundi et les jours fériés

Activités adultes et enfants
Visites, conférences, ateliers
Tél. : 01 44 59 58 31 ; fax : 01 44 59 58 07

Les Rencontres de Carnavalet
Théâtre, concerts, dédicaces
Tél. : 01 44 59 58 33 ; fax : 01 44 59 58 10

Réceptions et partenariats
Tél. : 01 44 59 58 35 ; fax : 01 44 59 58 10
Courriel : marie-alix.delestang@paris.fr

Librairie du musée
Accès libre aux horaires d’ouverture du musée
Tél. : 01 42 74 08 00

Association des Amis du musée
23, rue de Sévigné
75003 Paris
Tél. : 01 42 72 22 62
Courriel : amisdumuseecarnavalet@wanadoo.fr
Site Internet : www.amisdecarnavalet.com

Ouverture du mardi au dimanche,
de 10 h à 18 h
Fermeture le lundi et les jours fériés


TARIFS DE L’EXPOSITION
Renseignements au 01 44 59 58 58
Plein tarif : 7 €
Tarif réduit : 5 €
Tarif jeune : 3,50 €
Gratuit jusqu’à 13 ans inclus
et pour les Amis du musée

Commissaires
Alexandre Gady, commissaire invité, maître de conférence à l’université de Paris IV-Sorbonne
Jean-Marie Bruson, conservateur en chef chargé des peintures du musée Carnavalet
Scénographie Philippe Pumain


o Nuit des Musées : samedi 16 mai 2009
Entrée libre à l’exposition sans réservation de 19h à minuit.
Des visites en famille sont proposées gracieusement à 19h, 19h30, 20h30 et 21h.
Informations : www.culture.paris.fr et www.nuitdesmusees.culture.fr

Autour de l’exposition

o Visites–conférences
À partir du jeudi 7 mai, des visites–conférences sont proposées dans l’exposition tous les jeudis et samedis, jusqu’en juin, à 15h30, excepté le samedi 23 mai (visite à 15h45). Pas de visite le 21 mai (férié).
Durée : 1h30 – sans réservation ; plein tarif : 4,50€ ; tarif réduit : 3,80 € + droit d’entrée dans l’exposition.

o Ateliers de gravure pour adolescents et adultes : Le dossier de l’architecte
Réalisation d’un dossier sur les thèmes suivants : une place royale, un détail de coupole, une façade d’église, un chapiteau, un fronton.
Renseignements auprès du service d’Action culturelle du musée Carnavalet au 01 44 59 58 31.

Produits éditoriaux

o Monographie sur Jules Hardouin-Mansart à paraître

Jules Hardouin-Mansart - 1646-1708
Sous la direction d’Alexandre Gady
Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, Paris
ISBN-10 2-7351-1187-3
ISBN-13 978-2-7351-1187-9
Publication : juin 2009. Prix : 89,00

o Petit journal de l’exposition
Bâtir pour le Roi, Jules Hardouin-Mansart (1646-1708)
Auteur : Alexandre Gady
Format : 16 x 24 cm ; 32 pages, 30 illustrations couleur
Éditions Paris-Musées ; prix de vente : 2 €

o Parcours-jeu à destination du jeune public dans l’exposition

Liste des illustrations disponibles pour la presse
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